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Voici une citation que je ne risque pas d'oublier tant elle a fait écho en moi. Elle m'est revenue tel un boomerang. Force est de constater que je n'avait jamais mis aussi précisemment des mots sur mes ressentis.

De ces mots sont sorties des pensées. Un brouillard, un tourbillon puis un filet de plus en plus limpide.

Je vous livre tout cru les mots, les pensées qui m'habitent en ce moment...

 

Qu'est-ce qu'aimer ?

Mais qu'est-ce que finalement l'amour. Comment le vivre dans notre quotidien ? L'hymne à la charité écrit par Saint Paul est magnifique et est très éclairant.

"La charité est patiente,

La charité est serviable,

elle n'est pas envieuse,

la charité ne fanfaronne pas,

elle ne se gonfle pas,

elle ne fait rien d'inconvenant,

ne cherche pas son intérêt,

ne s'irrite pas,

ne tient pas compte du mal,

elle ne se réjouit pas de l'injustice,

mais elle met sa joie dans la vérité.

Elle excuse tout,

croit tout,

espère tout,

supporte tout." (1 Co 13, 4-7)

Bien sûr, ces mots sont des mots directs, des idées qui demandent d'être remises en contexte, dans notre contexte socio-culturel. Mais malgré tout, on sent une dose d'universalité. Une dose de vérité ?!

 La patience comme une vertu de l'amour...

...

"Avoir patience, ce n'est pas permettre qu'on nous maltraite en permanence, ni tolérer les agressions physiques, ni permettre que l'on nous traite comme des objets. [...]

Cette patience se renforce quand je reconnais que l'autre aussi a le droit de vivre sur cette terre près de moi, tel qu'il est. Peu importe qu'il soit pour moi un fardeau, qu'il contrarie mes plans, qu'il me dérange par sa manière d'être ou par ses idées, qu'il ne soit pas tout ce que j'espérais. L'amour a toujours un sens de profonde compassion qui nous porte à accepter l'autre comme une partie de ce monde même quand il agit autrement que je l'aurais désiré."

Pape François

...

Voilà qui est bien tourné ! 

Je souligne particulièrement ce lien entre amour et patience, car c'est un point qui demande a être travaillé chez moi en tant que parent de jeunes enfants, mais aussi en tant qu'enseignante. Ne pas réagir à la frustration par l'agressivité.

Analyser, comprendre, et puis FAIRE ACTE de patience. Mettre des mots sur des émotions ne suffisent pas toujours à enrayer un processus de violence intérieure qui monte.

FAIRE ACTE d'amour en éloignant cette violence, en la transformant. Comment ? S'il existait une recette magique, nous serions tous au courant n'est-ce pas ?!

Mais je m'y applique du mieux que je peux, jour après jour.

 

Aimer, est-ce servir ?

Effectivement, quel plus beau rôle, quel plus noble sens ne peut-on donner à sa vie que d'être là pour les autres ? Aimer, aider, servir.

Oui servir. Etre au service de...

Il y a mille et une manière d'être utile au monde mais presque tous les chemins que je prends me ramènent vers ma famille, mes enfants. C'est là pour l'instant où je suis le plus utile.

Je sais que je réussirai, en temps voulu à aller au-devant de ceux qui ont besoin de moi. Etre présente.

Etre présente pour mes élèves également, partager mes connaissances, transmettre, apprendre et s'élever ensemble.

 

Servir, oui. Mais dans la joie.

Servir oui. Mais par amour. Par amour de soi, des autres...

...

"Ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres". (Ph 2,4)

...

Oui, c'est vrai. Mais un brin culpabilisant ! Oui servir les autres, c'est un merveilleux don de soi. Mais, malheureusement, n'étant qu'une humaine ordinaire, j'ai besoin aussi de penser à moi, de m'aimer, de me servir. Mais après tout, l'amour de soi n'exclut pas l'amour des autres !

...

"Il ne faut pas donner priorité à l'amour de soi-même  comme s'il était plus noble que le don de soi aux autres. Une certaine priorité de l'amour de soi-même peut se comprendre seulement comme une condition psychologique, en tant que celui qui est incapable de s'aimer soi-même rencontre des difficultés pour aimer les autres."

Pape François

...

Eduquer à la joie, au bonheur.

Oui, c'est beau et merveilleux d'éduquer nos enfants à la joie et au bonheur. Mais éduquer pour le don de soi dans la joie, c'est donner le moyen aux enfants de trouver un sens à leur existence (et à la nôtre aussi au passage !).

Aujourd'hui, je lis, j'entends et je comprends les parents qui veulent offrir une éducation bienveillante à leurs enfants. Mais quel sens donner à cette appelaltion ?

  • Une éducation où l'enfant est libre de ses choix ?
  • Une éducation sans punition, ni récompense ?
  • Une éducation dans le respect de l'enfant, sa singularité, son authenticité ?
  • Une auto-éducation ?
  • ... ?

Cette éducation bienveillante recoupe énormément de courants de pensées, il est parfois difficile de s'y retrouver. Surtout qu'il y a l'autre versant : être malveillant. Comment s'y retrouver ? Comment savoir ce qui est bon pour nous, nos enfants, notre famille ?

Je n'aime pas tellement cette formule de bienveillante, car finalement, je la trouve à double tranchant (si on est pas bienveillant, est-on malveillant ?), culpabilisante. Je préfère le terme d'éducation à la paix. Plus générique, une éducation à la paix englobe même nos failles et est porteuse de sens pour le présent mais aussi pour l'avenir.

Mais, après tout ce n'est qu'une question de sémantique !

Je crois cependant que rien n'a plus de sens que d'éduquer à la paix.

Et c'est d'ailleurs ce qui m'attirait le plus dans le projet d'école démocratique. La manière dont les conflits étaient gérés. Une éducation à la paix au coeur des écoles. Je trouve cela extraordinaire !

Les apprentissages, et les questions de didactiques m'importent moins et me semblent secondaires. Que retient-on vraiment des (bons) professeurs ?

La joie d'apprendre, l'enthousiasme, le partager de son savoir, ses connaissances, mais surtout le bonheur de grandir dans le regard bienveillant de l'autre.

Peu importent les méthodes d'apprentissage si l'enfant est respecté dans son être : son corps, son esprit ? Nous avons tous croisé des personnes qui nous ont appris, transmis, parfois (souvent ?!) à leur insu.

Ces personnes existent partout : dans notre entourage, nos amis, notre famille, dans les écoles alternatives, les associations, nos voisins et même... dans les écoles traditionnelles.

Oui, bien sûr qu'il y a de belles personnes dans les écoles traditionnelles, d'ailleurs,

j'en ai rencontré plein, je peux témoigner !!

Des personnes soucieuses des enfants, aimantes.

 

J'ai toujours souhaité (et je le souhaite toujours d'ailleurs) que mes enfants deviennent des adultes heureux. Mais par dessus tout qu'ils mettent leurs talents, leurs passions, leur joie, leur intelligence au service des autres. Et j'espère que, nous parents, pourront leur être utiles en nous appliquant à vivre ce partage également.

 

Faut-il être authentique ou exemplaire ?

J'ai eu l'occasion de débattre de cette question. Dans le camp de l'authenticité, il y avait cette manière de voir l'exemplarité comme une contrainte contre nature avec un relant de ... moralité.

Ce qui suppose après tout que nous naissons bons... Mais aussi, cela sous-entend que nous nous empoisons au contact des autres, en grandissant. Ce qui est terriblement difficile pour nous parents car nous sommes leur PREMIER ENVIRONNEMENT, celui qui restera en trame toute la vie de nos enfants.

Mais qu'en savons-nous après tout ? Naissons nous vraiment bons, authentiquement mauvais ?

Peut-être pouvons-nous nous laisser une chance et se dire que nous laissons libres.

 

Libres... de basculer d'un côté ou de l'autre.

 

Du coup, il est difficile d'entrevoir le sens d'éduquer un enfant à être authentiquement lui-même. On peut être authentique vrai et bon, mais on peut aussi être authentiquement seul et coupé des autres, ou carrement authentiquement mauvais. Faut-il donc favoriser le développement de l'intégralité de sa personne, y compris les mauvais côtés ?

Etre soi pour soi a-t'il un sens ? Est-ce légitime ?

Etre authentique, découvrir qui l'on est est une démarche d'intériorité qui est importante et légitime. Oui, complètement.

Mais être exemplaire revêt un autre sens que je trouve plus profond, car oui, être exemplaire intègre une notion de moralité. oui, nous pouvons choisir, nous pouvons agir.

Etre exemplaire, c'est, de mon point de vue, intégrer l'autre dans son existence, c'est reconnaître que d'autres vivent à nos côtés, et que pour eux, je peux offrir ce que j'ai de plus beau en moi.

Et commencer dans nos propres familles !

...

"La famille est le lieu de la première socialisation, parce qu'elle est le premier endroit où l'on apprend à se situer face à l'autre, à écouter, à partager, à supporter, à respecter, à aider, à cohabiter. La tâche de l'éducation est d'éveiller le sentiment du monde et de la société comme foyer, c'est une éducation pour savoir "habiter", au-delà des limites de sa propre maison."

Pape François

...

 

J'espère de tout coeur ne pas vous avoir perdu dans le labyrinthe de mon esprit !

Je vous souhaite une belle semaine.

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